c-l-a-s-h.info - Commémoration de l'abolition de l'esclavage à St Barthélemy - 9 octobre [1847]
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9 OCTOBRE [1847]

Date officielle de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage dans la collectivité territoriale de Saint-Barthélemy

Convocation du conseil Territorial du vendredi 12 juin 2009


Le « 9 octobre » ? Une date semble t-il ambiguë s'agissant du « devoir/travail de mémoire » relatif à l'esclavage des Nègres : toutes les collectivités françaises d'outre-mer directement concernées se sont vues attribuer, par la loi n° 83-550 du 30 juin 1983 (modifiée par l'article 4 de la loi n°2001-434 du 21 mai 2001) et son décret n° 83-1003 du 23 novembre 1983 rattaché, une date spécifique de commémoration de l'abolition de l'esclavage en tout point fidèle aux événements historiques respectifs; Toutes... sauf une : l'île de Saint-Barthélemy. Et jusqu'en France métropolitaine une date de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage fut fixée, au 10 mai, par le décret n° 2006-388 du 31 mars 2006.

C'est la Suède qui, en 1847, a définitivement aboli l'esclavage à Saint-Barthélemy, cette colonie redevenue française en 1878, et dont la population est aujourd'hui majoritairement d'origine européenne. Mais si Saint-Barthélemy commémorait l'abolition de l'esclavage le 27 mai, en tant que commune du département Guadeloupe, Saint-Barthélemy n'est plus une commune de la Guadeloupe depuis le 15 juillet 2007 : le décret 83-1003 ne s'y applique plus, ni à l'île voisine de Saint-Martin d'ailleurs, et Saint-Barthélemy n'a donc plus officiellement de date attribuée pour commémoration de l'abolition de l'esclavage. L'histoire de la traite négrière et de l'esclavage dans cette île des Petites Antilles est pourtant bien loin d'être secondaire, ses archives ayant démontré tout au contraire qu'elle revêtait un caractère insoupçonné.


Une "problématique" double en réalité : depuis que nous sommes entrés dans le 21ème siècle il ne se passe pas une seule année sans que le sujet ne soit évoqué au parlement suédois, pas moins de 8 motions déposées ces 7 dernières années, dont les deux dernières proposant de faire du « 9 octobre » en Suède une « Nationell dag till minne av slaveriets avskaffande », une journée nationale de mémoire de l'abolition de l'esclavage :
- Motion 2001/02:U220
- Motion 2002/03:Ub396
- Motion 2003/04:Ub386
- Motion 2004/05:Kr336
- Motion 2005/06:U366
- Motion 2006/07:U213
- Motion 2007/08:Kr217
- Motion 2007/08:Kr348
La plupart de ces motions visant surtout à ce que la Suède reconnaisse officiellement son implication dans la traite négrière et l'esclavage, et à ce qu'une place appropriée leur soit accordée dans les ouvrages scolaires et l'éducation en général.

La « Kommittédirektiv » Dir.2007:114 émise à l'occasion du bicentenaire de l'abolition de la traite négrière par l'Angleterre (1807-2007) constitua une première démarche officielle; Puis, une conférence fut organisée le 9 octobre 2007 pour le 160ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy, dans la "Gamla stan - vieille ville" de la capitale suédoise en présence du ministre de l'intégration et de l'égalité des sexes, Mme Nyamko Sabuni. Plusieurs manifestations ayant de nouveau été programmées le 9 octobre 2008 à Stockholm pour marquer l'événement, avec pour l'occasion un dossier pédagogique (Slaveri då och nu / Esclavage d'hier et d'aujourd'hui) mis en ligne, entre autres, sur le site internet de la « Delegationen för mänskliga rättigheter i Sverige [Delegation for Human Rights in Sweden - Délégation pour les Droits de l'Homme en Suède] » : une entité "nouvellement" mise sur pied par le gouvernement suédois.



C'est en octobre 2007 également qu'un premier courrier fut adressé simultanément à l'attention du président de la Collectivité de Saint-Barthélemy et du député de la 4ème circonscription de la Guadeloupe (dont dépend encore et toujours Saint-Barthélemy), demandant l'inscription de la date du 9 octobre pour la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage dans la collectivité territoriale fraîchement créée : ce courrier restera sans réponses.

Une « pétition des électeurs » fut alors proposée, à partir du mois de septembre 2008, aux électrices et électeurs de Saint-Barthélemy; pétition largement relayée par divers moyens et divers médias et dont l'objet était de saisir le Conseil Territorial en vue d'une délibération visant à adresser une demande officielle au Gouvernement français. En application de l'Article LO6231-1 de la loi ayant doté Saint-Barthélemy de l'autonomie, il "suffit" ainsi actuellement d'environ 250 signatures pour que le président du conseil territorial fasse rapport à la plus prochaine session du dit conseil, d'une pétition préalablement jugée recevable par le conseil exécutif...

Devant le peu de réactivité manifestée par la population locale, le Comité de Liaison et d'Application des Sources Historiques adressa alors directement au Secrétariat d'État chargé de l'Outre-Mer, en novembre 2008, une « demande au gouvernement en vue de fixer la date du 9 octobre pour date officielle de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage dans la collectivité territoriale de Saint-Barthélemy » (renouvelée dès l'ouverture des États Généraux de l'Outre-Mer), toujours sans réponse aucune. En avril 2009, cette demande fut réitérée à l'attention du Premier Ministre, rappelant qu'à l'approche du 10 mai 2008, il avait été émis une circulaire [circulaire du 29 avril 2008 relative aux commémorations de la traite négrière, de l'esclavage et de leurs abolitions] stipulant qu' " il serait contraire à l'esprit de la loi du 21 mai 2001 d'ignorer les autres dates commémoratives, dont les champs géographiques et les thématiques sont très variés ", et faisant par là même du 23 mai une nouvelle date de commémoration...

C'est ensuite le Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage qui fut saisi, dans la foulée de la publication du décret n° 2009-506 du 6 mai 2009 puis du décret du 8 mai 2009 portant nomination de ses membres : par les mots de sa présidente, Mme Françoise Vergès, la demande serait présentée aux membres du CPMHE, qui seraient pour sûr d'accord de la soutenir à leur prochaine réunion...

Mr Franck Robine, préfet, chef de Cabinet du Premier Ministre, informait quelques jours plus tard que Monsieur François Fillon avait bien reçu le courrier du 16 avril 2009 relatif à la commémoration de l'abolition de l'esclavage dans la collectivité territoriale de Saint-Barthélemy, avait pris note de cette démarche et qu'il avait été chargé de transmettre cette correspondance à Monsieur Yves Jégo, Secrétaire d'Etat chargé de l'outre-mer, en lui demandant de l'examiner avec toute l'attention qu'elle requiert... Quelques heures plus tard, Mr Frédéric Lazorthes, historien de formation, chargé de mission auprès du délégué général à l'Outre-mer, Secrétaire Général du Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage, informait que le Secrétaire d'Etat chargé de l'Outre-mer l'avait saisi de cette requête concernant le 9 octobre : cette requête sera prise en considération par le comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage lors d'une prochaine réunion de ses membres, le CPMHE pourra, le cas échéant, émettre un avis, mais que la date de commémoration dans les territoires d'outre-mer concernées par la loi 83-550 du 30 juin 1983, à savoir la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, la Réunion et Mayotte, où elle est un jour férié (à la différence du 10 mai en métropole) ne saurait faire l'objet d'un décret qu'après une demande formelle en ce sens de la collectivité de Saint-Barthélemy. Il n'est en effet pas du ressort du gouvernement d'imposer une date déterminée de commémoration de l'abolition de l'esclavage à la collectivité de Saint-Barthélemy, d'autant moins que cette commémoration y est déjà respectée...


Voilà un tout qui laisse quelque peu perplexe... Et par dessus ce tout, il paraît légitime de se demander en quoi la commémoration de l'abolition de l'esclavage dans la collectivité territoriale de Saint-Barthélemy serait-elle respectée aujourd'hui ? D'une part, il n'existe plus aucun texte de loi qui fixe cette commémoration à Saint-Barthélemy; et quand bien même certaines institutions sur place maintiendraient néanmoins fériée la date du 27 mai dans leur calendrier, ce n'est qu'en raison de leur rattachement direct à la Guadeloupe, ainsi, à titre d'exemples, le Collège Mireille Choisy dépendant de l'académie de la Guadeloupe ou les banques dont la direction générale se trouve en Guadeloupe. Et d'autre part, il ne faudrait pas confondre pour autant : «commémoration de l'abolition de l'esclavage»... à Saint-Barthélemy, et, commémoration de... «l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy».



Entre temps, à Saint-Barthélemy, le conseiller exécutif Maxime Desouches (ACTION - EQUILIBRE - TRANSPARENCE) avait obtenu, dès la fin janvier 2009, que sa proposition de faire du 15 Juillet une date commémorative du passage de Saint-Barthélemy du statut de commune à celui de collectivité régie par l'article 74 de la constitution, soit débattue en réunion du Conseil Territorial... ainsi que la demande consistant à faire du 9 Octobre la date officielle de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy; ces deux points devant en principe être inscrits à la "prochaine" réunion du Conseil Territorial : quatre réunions plus tard, voici donc le point 8 de l'ordre du jour de la séance ordinaire convoquée le 12 juin 2009, entre point 7 « jour férié local » et point 9 « transfert du monument aux morts » :


Rapport au Conseil Territorial

Maxime Desouches                                                                                                                              Le 26 Mai 2009



Objet : Fixation de la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy

Vu la loi n° 83-550 du 30 juin 1983 modifiée par la loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 et Vu le décret n° 83-1003 du 23 novembre 1983 relatifs à la commémoration de l'abolition de l'esclavage dans les collectivités territoriales d'outre-mer,
Considérant que la date de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage appliquée à Saint-Barthélemy était celle fixée pour la Guadeloupe (27 mai) par l'article 1er du décret n° 83-1003 du 23 novembre 1983,
Considérant que Saint-Barthélemy n'est plus une commune de la Guadeloupe depuis le 15 juillet 2007 et donc que l'article 1er du décret n° 83-1003 du 23 novembre 1983 relatif à la commémoration de l'abolition de l'esclavage ne s'y applique plus,
Considérant que la date du 27 mai appliquée à Saint-Barthélemy pour commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage ne correspond à aucune réalité historique, et que l'esclavage a été définitivement aboli à Saint-Barthélemy le 9 octobre 1847,
Considérant qu'il convient de garantir la reconnaissance de ce haut fait historique en maintenant officiellement au calendrier une date de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy, et qu'il convient de sceller solennellement cette date du 9 octobre en conformité avec les événements historiques,
1. Considérant que cette inscription officielle au calendrier doit faire l'objet d'une délibération du Conseil Territorial qui appuiera une demande de modification de la loi n° 83-550 et du décret n° 83-1003, visant à inclure Saint-Barthélemy et la date du 9 octobre et faisant de facto de cette date une journée fériée dans la collectivité,
OU 2. Considérant que cette inscription officielle au calendrier doit faire l'objet d'une délibération du Conseil Territorial qui appuiera une demande de décret officiel, sur le modèle du décret n° 2006-388 du 31 mars 2006 (fixant au 10 mai la date de la commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage en France métropolitaine), dans laquelle il appartient au conseil territorial d'en fixer les modalités : organisation d'une cérémonie officielle ou autres initiatives de son choix...
Cette présente demande vise à saisir le gouvernement en vue de fixer la date du 9 octobre pour date officielle de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage dans la collectivité territoriale de Saint-Barthélemy et à instaurer dès 2009 une journée de reconnaissance sur l'île.

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Vous voudrez bien en délibérer.




Séance ordinaire du Conseil Territorial, Gustavia, Saint-Barthélemy, le 12 juin 2009

Point 8.
extrait videobarth.com

Compte rendu intégral (parties audibles) :


Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Point n°8 : fixation de la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy, c'est tout simplement pour remettre les choses à leur place. Le 27 mai 1848 Saint-Barthélemy était une colonie de la Suède et non pas une colonie française donc la date d'abolition de l'esclavage qui a lieu le 27 mai en Guadeloupe, je ne sais plus quelle date en Martinique, le 22 je crois en Martinique et cætera... n'a rien à voir avec Saint-Barthélemy, donc il semble d'après les recherches qui ont été effectuées que cette commémoration doit avoir lieu le 9 octobre; donc c'est une question qui consiste à ramener les points sur les « i »... Ceux qui sont favorables ?

[Tous les conseillers territoriaux lèvent le bras]

Nils Dufau (SAINT-BARTH D'ABORD), conseiller territorial – Je voudrais juste dire quelque chose supplémentaire sur ce point : dans la proposition qui a été faite, on ne prend pas réellement en compte, on ne parle pas non plus de l'esclavage qui continue dans le monde aujourd'hui d'une manière assez forte et qui est en pleine expansion ; je pensais qu'il fallait dire un mot là dessus aussi : il y a environ 200 millions d'enfants aujourd'hui dans le monde qui son considérés comme esclaves de la part de l'organisation « Anti Slavery International », et donc on a fait mention du passé mais on ne fait pas mention, on a tendance à oublier le présent aussi, qui est très important; on sait qu'en Afrique par exemple, il y a des pays comme la Mauritanie, le Soudan, où l'esclavage est en train d'augmenter de manière exponentielle, où il n'a même pas été aboli encore; il y a aussi dans les pays Arabes où ça continue; même en chine je pense qu'ils vont évoluer plus rapidement parce qu'ils deviennent de plus en plus occidentaux dans leur manière de faire mais bon c'est un sujet encore très très difficile aujourd'hui; alors c'est sûr que quand on commémore l'abolition de l'esclavage dans une partie du monde, on a tendance à penser qu'à ça, et à oublier aussi le présent qui est très très très dur et assez atroce; voilà, je pensais dire ça.

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Tu as entièrement raison, ce n'est pas un sujet qui est clos à l'heure actuelle.

Benoît Chauvin (ENSEMBLE POUR ST-BARTHELEMY), conseiller territorial – Je vais poser la même question qu'à la question précédente, même si il n'y a pas de parallèle entre le 9 octobre et le 15 juillet, qu'est-ce qu'on prévoit d'organiser ? est-ce que par exemple il serait possible de faire une stèle pour commémorer la fin de l'esclavage ?

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Sur le fait historique je n'y connais rien. Il faut être honnête. Ceux qui ont approfondi la question, on va peut-être demander à l'amiRAL son point de vue.

Benoît Chauvin (ENSEMBLE POUR ST-BARTHELEMY), conseiller territorial – Sans aller au clash !

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Personnellement, je ne suis pas favorable à un jour férié, car on ne peut pas encore augmenter un jour férié. Si on est férié le 15 juillet on ne sera pas férié le 9 octobre, ceux qui veulent se recueillir le 9 octobre, qui veulent marquer le coup, si les banques qui ferment le 27 mai préfèrent fermer le 9 octobre, la banque ou La Poste et cætera... pourquoi pas. Faire une stèle ?

Yves Gréaux (SAINT-BARTH D'ABORD), 1er Vice-Président – [?]; le problème n'est pas aussi simple [?].

Benoît Chauvin (ENSEMBLE POUR ST-BARTHELEMY), conseiller territorial – pas un jour ferié, c'était un monument qui commémore...

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Moi, je ne connais pas ceux qui sont morts.

Yves Gréaux (SAINT-BARTH D'ABORD), 1er Vice-Président – [?]

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Il faut étudier la question. Pour rétablir la vérité, tout simplement.

Yves Gréaux (SAINT-BARTH D'ABORD), 1er Vice-Président – Le problème n'est pas aussi simple, que nous décidions un jour de commémoration de la création de la collectivité, d'accord : 15 Juillet, c'est autre chose de décider qu'il sera férié ou pas : nous avons décidé qu'il sera férié. Que nous décidions que la date de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy c'est le 9 octobre et plus le 27 mai, d'accord, décider qu'il sera férié ou non c'est autre chose; le nombre de jours fériés dans la législation française dans la législation du travail qui s'applique à Saint-Barthélemy, il est fixé, donc on ne peut pas non plus ni supprimer, ni multiplier à côté le nombre de jours fériés; alors, pour l'instant, il s'agit d'un jour de commémoration que chacun peut utiliser comme il l'entend, maintenant sur le fait qu'il soit férié ou pas il y a une étape à faire sur l'ensemble des célébrations et des jours fériés, chômés, qui sont prévus au calendrier, et ça... ce n'est pas à l'ordre du jour de ce soir.

Karine Miot (TOUS UNIS POUR ST-BARTHELEMY), conseiller territorial – Et bien je suis désolée Yves mais en lisant il y a marqué quand même que « Considérant que cette inscription officielle au calendrier doit faire l'objet d'une délibération du Conseil Territorial qui appuiera une demande de modification de la loi n° 83-550 et du décret n° 83-1003, visant à inclure Saint-Barthélemy et la date du 9 octobre et faisant de facto de cette date une journée fériée dans la collectivité »...

Maxime Desouches (ACTION - EQUILIBRE - TRANSPARENCE), conseiller exécutif – C'était là... question... je vous signale qu'il y a deux rédactions possibles à la chose.

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – La bonne et la mauvaise.

Maxime Desouches (ACTION - EQUILIBRE - TRANSPARENCE), conseiller exécutif – La bonne et la mauvaise je ne sais pas, mais la question technique qui se pose c'est que la rédaction de la délibération devra prévoir, que premièrement, la date de commémoration, la date du 27 mai ne sera plus commémorée à Saint-Barthélemy, c'est ce que je vois marqué, et qu'ensuite il faut voir si on demande une modification de la loi existante, la loi n° 83-550, ou est ce qu'on demande dans ces cas là, à ce que le gouvernement prenne un nouveau décret pour lequel il faut fixer effectivement les modalités, et donc il y a deux trois petites questions techniques auxquelles je ne sais pas répondre.

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Alors, on prend la délibération, on demande, on essaye d'avoir le décret qui modifiera la date du 27 mai au 9 octobre; on verra bien. Mais on est d'accord sur le principe, la délibération...

Yves Gréaux (SAINT-BARTH D'ABORD), 1er Vice-Président – [?]

["Brouhaha"]

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Mais le 27 mai n'est pas toujours férié... [rire] donc c'est typiquement local... Bon, ceux qui sont favorables sur l'idée d'harmoniser l'histoire avec la réalité ?

[Tous les conseillers territoriaux lèvent le bras]

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Alors faudra l'faire savoir à l'amiRAL.

Benoît Chauvin (ENSEMBLE POUR ST-BARTHELEMY), conseiller territorial – À propos de l'amiRAL quand on va sur son site il est fait mention des archives de Saint-Barthélemy, et de leur importance pour connaître ce qui s'est passé...

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – Tu veux rebaptiser Shell Beach si j'ai bien compris ?

Benoît Chauvin (ENSEMBLE POUR ST-BARTHELEMY), conseiller territorial – Je n'ai pas dit cela.

Bruno Magras (SAINT-BARTH D'ABORD), Président – C'est ce que j'ai crû comprendre en lisant [?]

Benoît Chauvin (ENSEMBLE POUR ST-BARTHELEMY), conseiller territorial – Par contre j'ai lu dans un article du Journal de Saint-Barth, Yves disait que, concernant le microfilmage des archives, qu'il fallait « mettre à la disposition des chercheurs un maximum de copies d'archives qu'il faudra continuer à numériser et notamment celles d'Aix en Provence. Pour l'instant, je ne sais pas comment nous allons procéder, mais la volonté existe et doit se traduire dans les faits »... ça c'était en octobre 2007, est-ce qu'il y a eu du nouveau depuis ?

Yves Gréaux (SAINT-BARTH D'ABORD), 1er Vice-Président – [?] en ce qui me concerne personnellement, et puis longtemps avant il y a eu tous les travaux de préparation de la collectivité, depuis il y a eu tous les travaux de mise en place de la collectivité, et il y a eu pour Yves Greaux sa disponibilité complète pour son exercice professionnel... Ce qui veut dire que ça fait un peu beaucoup et que c'est vrai qu'il est important de traiter le problème des archives et on n'a pas attendu quiconque pour être sensible à ce problème là; simplement, actuellement nous sommes... nous avons commencé un travail au niveau des archives récentes de la collectivité, l'idée étant de progressivement reculer dans le temps pour passer aux archives historiques. Les archives historiques de Saint-Barthélemy sont conservées actuellement dans les services nationaux, aussi bien en France qu'en Suède. Il se trouve que, une partie des archives, de la période suédoise en particulier conservées en France, sont dans un état, pour une petite partie, sont dans un état, non exploitable, non consultable... que leur traitement n'est probablement pas une priorité pour le Service des Archives d'Outre-Mer et que la collectivité devra intervenir pour participer à cette mission qui est une mission d'étape... pour participer à deux choses : à la sauvegarde de tout ce qui peut être sauvé, au niveau des archives historiques, et, à la mise à disposition. Mais il est évident que ce n'est pas une entreprise de... c'est une entreprise de grande ampleur parce qu'il s'agit de microfilmer l'ensemble de ces archives, c'est donc quelque chose qui ne pourra se faire que progressivement et qui va s'étaler dans le temps... certainement que la génération d'après aura à s'en occuper. Non seulement... je me suis trompé : j'ai dit microfilmage, une partie est microfilmée, l'idée étant d'aller vers un centre de consultation à distance, par internet par exemple, où les fichiers numérisés de ces archives pourraient être accessibles aux chercheurs. Voilà ce que je peux dire aujourd'hui.



La délibération 2009-044 CT a été doublement transmise au Représentant de l'Etat, le 23 puis le 26 juin 2009 après correction d'une erreur matérielle, et vise donc à « solliciter du Gouvernement la fixation de la date du 09 octobre (au lieu du 27 mai) pour date officielle de commémoration annuelle de l'abolition de l'esclavage dans la Collectivité Territoriale de Saint-Barthélemy et à y instaurer dès 2009 une journée de reconnaissance sur l'île ». La lettre d'information de la Collectivité - N°6 - pour Juillet 2009 précise qu'« en posant ce repère du 9 Octobre dans notre calendrier local, l'objectif du Conseil Territorial est d'inciter à la commémoration de l'acte qui a mis fin à cette abomination, et de lutter contre toutes les formes de discrimination et d'exclusion ». Il revient maintenant au Gouvernement français d'entériner l'inscription de cette date par la modification de la loi et du décret existants; une première : la loi n° 83-550 du 30 juin 1983 (modifiée par l'article 4 de la loi n°2001-434 du 21 mai 2001) avait trait à l'abolition de l'esclavage par la République française, ce qui n'est pas le cas de Saint-Barthélemy où l'esclavage a été aboli par la Suède... de quoi sensibiliser le parlement suédois ? La loi n° 2001-434 du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité fait après tout une large place à l'Europe.



Délibération 2009-044 CT - Fixation d'une date de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy.

Délibération 2009-044 CT - Fixation d'une date de commémoration de l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélemy.



ACTUALITÉ DE DERNIÈRE MINUTE :

----- Original Message -----
From: LAZORTHES Frederic OUTRE-MER
Sent: Wednesday, September 23, 2009 9:40 AM
Subject: Commémorationde l'abolition de l'esclavage à Saint-Barthélémy
...
Les questions juridiques que vous avez soulevées sont étudiées par les services du ministère de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales et nous vous apporterons les réponses dès que nous les aurons.
...
Nous ne manquerons pas de vous informer dès que nous aurons davantage d'éléments sur ce dossier ...
...
Frédéric Lazorthes
Chargé de mission auprès du délégué général à l'Outre-mer
Secrétaire Général du Comité pour la mémoire et l'histoire de l'esclavage
27 rue Oudinot - 75358 PARIS 07 SP


& à lire aussi : " Abolition de l’esclavage à Saint-Martin : un 28 mai... "



... that Consummation which is this day proclaimed to the World,
“Slavery has for ever ceased to Exist in the Island of Saint Bartholomew”

Extrait de la lettre de reconnaissance des émancipés au Gouverneur

... ce Couronnement qui est en ce jour proclamé au Monde,
“L'esclavage a cessé pour toujours d'Exister dans l'île de Saint-Barthélemy”


9 octobre 1847 : abolition de l'esclavage à St Barthélemy